Débat sur l’éclipse de Soleil économique
Quand les temps technologiques, économiques et sociaux viennent perturber nos cycles naturels et nos biorythmes !
« Hélas pour toi, si tu ne danses pas comme la fleur avec la brise,
Hélas pour moi, si le soleil ne m’est pas enivrant,
Hélas pour nous, si nous ne saisissons pas la volupté du printemps. »
Ces mots, tirés d’un poème du poète Iranien Fereydoun MOSHIRI° évoquent bien l’importance de la nature et de ses rythmes sur nous.
Enfermés dans nos immeubles, nos villes, notre course quotidienne, on en oublie presque que l’automne est en train d’arriver.
Le rythme, il s’agit bien de cela !
Nous passons le plus clair de notre temps à jongler entre nos rythmes internes (cardiaque, respiratoire, digestif, rénal, notre système nerveux), les rythmes externes (cycle des saisons, alternance jour/nuit, phases de la lune, etc.) et ceux qui sont liés à nos activités économiques et sociales.
Quand il fait mauvais, où que les jours décroissent, bref! Quand l’astre solaire se cache, nous ressentons une sorte de mal être. Il est difficile de se faire à cette disparition partielle. A tel point que l’on souhaiterait dormir plus longtemps et attendre qu’il fasse jour ; et se coucher de même. Comme les foyers sans bougie ou sans lampe à pétrole le faisaient dans les temps jadis.
Changement d’heure : arrive une nuit précoce où la lune est sensée devenir notre soleil…
Mais notre environnement temporel est plus large que cela* :
Les temps naturels : Rapports entre l’Homme et la nature (cycles jour/nuit notamment) et « biorythmes ». S’ils ne varient pas, notre façon de les concevoir, elle, évolue.
Ainsi, la nuit est parfois décrite comme « un temps de production comme un autre »** et l’idée d’une ville en 24 heures sur 24 existe (Mall Américains, web : 24/24).
Les temps technologiques : Il est désormais possible de mesurer le temps de travail des salariés avec des appareils de contrôles techniques. Quant au taylorisme, il a imposé une synchronisation des actions productives sur la machine et la chaine.
Les temps économiques : Le développement du secteur tertiaire a engendré un éclatement des temps de travail. Le monde de la finance impose une action sur le très court terme, d’où des pressions temporelles extrêmement fortes exercées sur l’ensemble des acteurs économiques. Sans compter la pression concurrentielle qui implique une réactivité à toute épreuve.
Les temps sociaux : Ils se renouvellent sans cesse : dimanches ouvrés (désacralisation du repos dominical), modification des rythmes familiaux, etc.
Pourrait-on faire autrement ?
Notre produit intérieur brut resterait-il à l’équilibre, si nous respections les cycles naturels ?
Pourrait-il, au contraire, s’envoler, propulsé en avant par l’énergie débordante des femmes et des hommes qui en sont à l’origine ?
La frontière entre l’utopie, l’élucubration intellectuelle et un projet de société concret est certes ténue. Mais est-ce si utopique que de se poser sérieusement ces questions, quand on nous parle de stress au travail, de maladies professionnelles et autres avatars physiologiques et psychologiques des conflits entre Nature et Industrie.
° Tiré du poème : « Heureux les boutons mi-éclots »
* cf. Devetter F.-X. (2002), « Vers une nouvelle norme de temps de travail ? Temps subis ou temps choisis ? », in FORMATION EMPLOI, n°78, pp. 53-68
** cf. Lallemant M. (1999), Les gouvernances de l’emploi, Paris, éd. Desclée de Brouwer

